Agritech : la révolution verte portée par les jeunes pousses

Avr 4, 2025 | Startups & innovations

Au moins 65 % de la population active d’Afrique travaille dans l’agriculture, un chiffre qui fait du secteur une composante indissociable des économies africaines. Mais le travail de la terre fait face aujourd’hui à un enjeu considérable porté par les chiffres de la démographie : si, actuellement, le continent compte 1,2 milliard d’habitants, il en comptera près du double en 2050. C’est donc aujourd’hui que le secteur joue son destin, car le potentiel de développement est considérable. Mais, revers de la médaille, la démographie croissante du continent est également une bombe à retardement si rien n’est fait pour permettre à l’agriculture de se développer et d’incarner un levier pour tout un continent. C’est pour discuter de cet enjeu et pour débattre des différentes réponses à y apporter que se sont rencontrés des experts du secteur, ce mardi 3 avril, lors des Africa Days. Organisé par HEC Paris, l’événement a, le temps d’une soirée, réuni différents acteurs économiques opérant en Afrique, et ce, autour du thème « Quel avenir pour l’agriculture africaine ? La révolution verte 2.0 ».

L’innovation technologique au service des producteurs

Et parmi eux, les fondateurs de Seed Project, un think tank qui promeut l’apport des nouvelles technologies pour développer l’agriculture africaine. Une solution proposée par les fondateurs du projet, étudiants marocains d’une école de commerce, qui ont d’abord effectué une étude sur le terrain afin de bien comprendre les problématiques auxquelles sont confrontés les fermiers. Et le constat est clair : les méthodes de production héritées de la seconde moitié du XXe siècle ont atteint leurs limites. Un « tour du monde des technologies », pendant lequel les étudiants ont rencontré des créateurs dédiés à l’agritech, leur a permis de constituer un catalogue de solutions adaptables aux problématiques africaines.

Parmi elles, les propositions d’AgroSmart, une start-up brésilienne qui propose de recueillir et d’analyser les données propres à chaque culture. Celles-ci permettront aux agriculteurs d’anticiper leurs décisions et donc de produire plus. Une stratégie qui permet notamment de prévoir les problèmes de récolte dus au changement climatique, ainsi que le manque d’eau, deux difficultés du quotidien auxquelles sont confrontés les agriculteurs africains. Autre solution rapportée par le Seed Project, celle de la start-up SunCulture. La société kenyane propose un système d’irrigation innovant au goutte-à-goutte, dont la distribution est assurée grâce à l’énergie solaire, une ressource inépuisable sur le continent. Un système qui permet, selon la société, d’augmenter les rendements des petits producteurs de 300 %. Pour Fadel Bennani, un des fondateurs de Seed Project, faire appel à ces technologies innovantes pourrait même à l’avenir ériger un nouveau modèle économique propre à l’Afrique, le modèle coopératif à l’occidentale « ne fonctionnant pas sur le continent, à cause notamment d’un déficit de confiance entre acteurs », selon lui.

 

 

 

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